VACANCES SCOLAIRES : Que font les enseignants et les élèves ?


Les vacances scolaires au Mali durent trois mois c’est-à-dire les mois de juillet, aout et septembre tandis que la rentrée est fixée au mois suivant qu’est le mois d’octobre. Cette période est mise à profit par les élèves et surtout par la plupart des enseignants du secteur privé pour réaliser des activités rémunératrices dans le but de subvenir aux différents besoins. 

Il est fréquent de voir dans notre société des élèves et des enseignants s’adonner aux différents travaux pendant les vacances scolaires. Objectifs de cette initiative : pour les élèves, il s’agit de se préparer financièrement afin d’entamer la prochaine rentrée scolaire tandis que pour les enseignants et surtout ceux du secteur privé, cela consiste à chercher le prix du condiment car les salaires mensuels ne prennent pas en compte les trois de vacances.

‘’La situation oblige’’, témoigne Aboubacar Coulibaly, professeur d’anglais au niveau secondaire dans le privé. Selon lui, ces vacances qui sont destinées à être un temps de repos pour les enseignants ne l’est pas exactement car elles annoncent des moments difficiles. « Pendant l’année scolaire, nous percevons un salaire et cela nous met à l’abris du besoin. Mais pendant les vacances scolaires, il devient obligatoire pour nous d’exercer un travail.

Actuellement, je conduis une moto taxi et je compte continuer pendant les 3 mois. Je travaille tous les sept jours de la semaine sans repos. L’accord qui me lie avec le propriétaire de la moto c’est de lui verser chaque jour une ration de 2.500 FCFA et cela du lundi au samedi.

Le dimanche est en principe le jour du repos mais je mets cela à profit pour augmenter mes gains car je ne procède pas au paiement de la ration ce jour-là », raconte-t-il. Dans son argumentaire, il a fait savoir que c’est un travail qui permet tout à fait de gagner son pain quotidien et mieux, faire des économies pour entamer la prochaine rentrée scolaire.

Autre cas, Abdoulaye Doucouré quant à lui a choisi d’organiser des cours de vacances dans une école de la place. « Chaque année, j’organise ces cours avec les élèves de la 6ème année afin de mieux les préparer à entamer le second cycle. C’est une activité qui me rapporte assez d’argents pour tenir pendant ces vacances scolaires.

Le prix fixé par élèves est de 15.000 FCFA par mois et à raison d’une dizaine d’enfants, j’ai déjà la somme de 150.000 FCFA. Chose qui est largement supérieure à mon salaire d’enseignants du privé. Si je n’exerçais pas cette activité pendant ces mois de soudure, je n’aurais pas été à mesure de prendre en charge ma famille et subvenir aux différents besoins qui s’imposent », nous relate notre interlocuteur.

Pour lui, ce choix n’est pas anodin car c’est le permet de rester toujours dans le cadre de sa profession qui est l’enseignement. Par ailleurs, il a déploré la mauvaise volonté de certains parents d’élèves qui peinent à payer la mensualité de leurs enfants. « Toutefois, dans ce travail, il y a des difficultés car des parents qui ont leurs enfants chez moi refusent parfois de payer un mois sur les trois. Cela me pénalise fortement et impacte sur le programme préétabli », déplore-t-il.

Quid des élèves

Contrairement aux enseignants, les élèves font des petits boulots pour diverses raisons. De la volonté d’économiser pour s’acheter une moto à l’achat des vêtements neufs ou aider leurs familles, les motifs ne manquent pas. Ainsi, ils saisissent tout ce qui leur tombe entre les mains. Cependant, l’activité la plus prisée est celle d’aide maçon car elle rapporte beaucoup et le travail ne manque pas vu les nombres élèves de construction des maisons. Pratiquant ce travail depuis la fin son examen du Bac, Moussa Coulibaly nous dira qu’il gagne 2.500 FCFA par jour.

« Ce travaille de manœuvre que j’exerce est certes difficile mais rapporte bien. Nous commençons sur les chantiers entre 8 et 9 heures et nous finissons au plus tard à 17 Heures. Je travaille ainsi 6 jours sur 7 et je gagne 15.000 FCFA la semaine. Ainsi, par mois je me retrouve avec 60.000 FCFA s’il n’y a pas d’imprévue », raconte-t-il. Payer par jour, il déclare vouloir aider sa famille en contribuant aux différentes dépenses.

De son côté, Siaka Doumbia en 3ème année ‘’Electro-Mécanique’’ il a choisi de travailler dans une usine à la zone industrielle. Payé à la quinzaine, il juge ce travail de très utile. « Au lieu de rester 3 longs mois à la maison à ne rien faire et se balader de grin en grin pour boire le thé, j’ai opté pour ce travail. Au moins, je gagne assez pour subvenir à mes besoins et le reste de l’argent me permettra de mieux entamer la prochaine année scolaire ». Travaillant toute la nuit, il dit se reposer la journée et compte exercer ce travail pendant toutes les vacances scolaires.

Souleymane Guindo lui a choisi de s’orienter vers les petits commerces. Il part au marché pour vendre des bazins et sur chaque tissu vendu, il perçoit un certain pourcentage. « Je prends les bazins chez des grossistes et je les vends devant l’artisanat aux différents clients. Il n’y a certes pas de salaire fixe dans ce travail mais les jours où ça marche, les gains sont vraiment élevés », témoigne-t-il sans tergiverser.

Loin d’être un moment de repos, ces trois mois de vacances représentent pour bons nombres d’enseignants et d’élèves une aubaine. Il s’agira pour eux d’exercer un travail de son choix tout en déterminant sois même ses jours de repos tout en engrangeant des profits. Par contre, d’autres élèves venus étudier dans la capitale regagnent leur village d’origine et ceux des villages s’adonnent à l’activité principale de ces zones qui est l’agriculture. 

Ahmadou Sékou Kanta pour maliexpress.net  


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