Un malien abattu par la police ivoirienne à Tingréla, ville frontalière

Un malien abattu par la police ivoirienne à Tingréla, ville frontalière

Les autorités ivoiriennes reconnaissent les faits… Le gouvernement de ADO s’implique…

Un drame s’est produit le jeudi 14 février 2024 à TINGRÉLA, ville frontalière de la Côte d’Ivoire, impliquant des agent de la police frontière ivoirienne qui ont ouvert le feu sur un conducteur de moto malien. La victime a reçu deux balles dans la jambe et dans la poitrine. Elle a succombé…

C’est un de nos points focaux et membre de notre plateforme Groupe “Kojugu Kelebaa” (GKK) dans la Commune de KADIANA,  région de Sikasso, qui a lancé l’alerte. Nos investigations nous ont permis d’obtenir plus de détails et de précisions.

Nous avons pu joindre le frère de la victime. Il répond au nom de SOUMEÏLA KONATÉ, domicilié au village de KOUNTIO/Commune de KADIANA…

Après témoignages et recoupements, voici les faits.

«Mon jeune frère ADAMA KONATÉ a été froidement abattu de deux (02) balles à jambe et à la poitrine par des policiers ivoiriens à la frontière”, déplore SOUMEÏLA KONATÉ, le frère aîné.

La victime se nomme ADAMA KONATÉ,  âgé de 30 ans, marié à deux (02) femmes, père de 3 enfants. Il était vendeur de pièces détachées de moto à KOUMANTOU-Cercle, Région de Sikasso à 130 km de la commune urbaine de Sikasso.

“Le jeudi 14 février 2024 vers 9h, ADAMA KONATÉ (la victime) m’a appelé par téléphone pour m’informer qu’il doit quitter KOUMANTOU le même jour en destination de TINGRÉLA, première ville ivoirienne au-delà de la frontière, pour récupérer ses marchandises, et sur le chemin du retour, il me rendra visite dans le village de KOUNTIO.

Sur sa moto marque “Apsonic” de couleur rouge, il quitta ainsi le territoire malien en empruntant une voie secondaire à l’intérieur du territoire ivoirien vers la ville de TINGRÉLA.

Des policiers à la gâchette facile ont tiré sans sommation*■

“C’est là à TINGRÉLA qu’il fut intercepté par des policiers en poste dans la ville de TINGRÉLA. Ces agents ont immédiatement ouvert le feu sur lui.

Les traces de balles étaient encore visibles sur sa dépouille au niveau de la poitrine et de la jambe. Et les tireurs l’ont laissé là sans vie et sont partis.

C’est un moto-taximan de passage sur la même voie, qui, à la vue du malheureux gisant à côté de sa moto, qui  s’est arrêté, question de voir ce qui est arrivé à  son collègue  au regard du même type d’engin utilisé”.

Toujours selon le frère aîné, le moto-taximan a constaté que les poches des habits de la victime ont été détroussées. Et à côté de lui, se trouvait une sacoche contenant un téléphone et des jetons de 100 F CFA.

Alors, le moto- taximan appela ses collègues, et ensemble,  ils informèrent les autorités policières ivoiriennes.

En colère, un des moto-taximans lança à l’endroit des policiers ivoiriens : 《Voilà, vous les policiers de TINGRÉLA, vous avez tué un de nous pensant qu’il était moto-taximan. Il ne l’est pas. C’est un paisible commerçant… Venez donc emporter votre cadavre. Vous êtes les seuls responsables. Nous, nous allons chercher les parents de la victime et les informer de la situation qui prévaut”.

“Les taximans ont alors pris des photos de la victime qu’ils nous ont ensuite envoyées après avoir obtenu mon contact à partir  du répertoire téléphonique de la victime.

Nous avons immédiatement informé la mairie de KADIANA ainsi que le Commandant.

Puisqu’il s’agissait d’un territoire certes voisin  mais étranger, nous avions demandé l’accompagnement des autorités nationales maliennes en vue de ramener la dépouille à la maison. Mais personne n’était à mesure de nous aider.

Le Commandant de KADIANA a émis des réserves puisqu’à ses dires, il en ignorait les tenants et aboutissants.

Je devrais donc me rendre à TINGRÉLA en territoire ivoirien.

Les autorités ivoiriennes reconnaissent les faits et infligent la première sanction à leurs policiers suspectés

Toujours selon le frère de la victime, à leur arrivée en Côte d’Ivoire, ils ont pu rencontrer le Responsable des Moto-Taximan lequel informa le Président de la Jeunesses de TINGRÉLA,  le Maire de la localité ainsi que toutes les autorités de la région y compris le Procureur.

“Le Directeur Régional de la Police de TINGRÉLA  confirma que  mon frère ADAMA KONATÉ  a été en effet  abattu par balles tirées par deux policiers de la localité de TINGRÉLA. “Les motifs avancés par nos policiers sont fallacieux” selon le Directeur Régional. Et de poursuivre: “franchement ils (nos policiers) ont abattu un innocent sans défense”.

Le Directeur de la Police a souligné que les deux agents y compris leurs chefs de poste ont été incarcérés à BOUNDIALI

“Le DG de la police de TINGRÉLA était dans tous ses états. À ses dires, il n’est “pas question ici d’IVOIRIEN ou de MALIEN. Le droit à la vie  est sacré.

Nul n’a le droit de tuer son prochain”. D’ajouter que les Blancs nous ont séparés par ces lignes imaginaires que sont les frontières. En vérité, nous sommes les mêmes peuples avec les mêmes traditions. Nous sommes tous à la fois maliens et ivoiriens” a-t-il dit.

Toutes les autorités ivoiriennes présentes ont demandé pardon et présenté leurs condoléances et regrets. D’ajouter que l’affaire a été prise en charge par le Gouvernement Ivoirien, et le corps se trouve présentement à la morgue de BOUNDIALI par les soins des autorités ivoiriennes lesquelles vont informer par voix officielle les autorités maliennes et le corps sera ensuite remis officiellement à  la famille de la victime. Nous devrons donc patienter.

Je reconnais que les autorités ivoiriennes nous ont soulagés et apaisés. Elles n’ont eu aucune attitude désobligeante ou hostile à notre égard.  Qu’elles en soient remerciées»

Cette histoire connaît ainsi un heureux dénouement grâce à la réactivité des autorités ivoiriennes._

Paix à l’âme du défunt !

Tout est mal qui finit bien !

Bamananden Journal Kojugu Kelebaa #JKK#


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