Syndicalisme, justice et Etat de droit : Qui veut comploter contre la Transition ?

Syndicalisme, justice et Etat de droit : Qui veut comploter contre la Transition ?

L’arrestation et le placement sous mandat de dépôt, depuis le mercredi 5 juin dernier, du leader syndical des banques et établissements financiers, pour un différend syndical interpelle l’Etat de droit malien en construction.

Pour un fonctionnement adéquat de l’Etat de droit auquel les citoyens aspirent, chaque acteur de la société doit jouer sa partition, en toute indépendance et responsabilité. Car, comme le corps humain, dont les membres ont des rôles complémentaires bien définis, la société démocratique a des missions bien déterminées, pour se compléter harmonieusement. Si ce n’est pas le cas, le corps social en souffre à travers des dysfonctionnements, boire des paralysies, comme celle provoquée par la grève en cours dans le secteur des banques, établissements financiers et stations-services.

En effet, c’est en guise de protestation que le syndicat national des banques et établissements financiers a déclenché sa grève de 75 heures pour « obtenir la libération du secrétaire général, le camarade Hamadoun Bah ». Et cette détention a plutôt renforcé la solidarité des syndicalistes qui n’hésitent pas à envisager « des actions d’envergure ». La preuve c’est que la centrale syndicale la plus importante du pays, l’Union Nationale des travailleurs du Mali (UNTM) s’est saisi du dossier Hamadoun Bah, dans lequel certains responsables syndicaux aperçoivent des odeurs d’instrumentalisation ou simplement de menaces à la liberté syndicale. Le Secrétaire général de l’UNTM ne s’est-il personnellement pas investi pour être reçu par le chef de l’Etat, afin de dénouer cette affaire ? Pendant ce temps, la grève du SYNABEF a été largement suivie et a énormément perturbé les activités socioéconomiques du pays, depuis jeudi dernier. Alors que le pays est à seulement quelques jours de la fête de la Tabaski. Et dire que cette procédure judiciaire continue de soulever des interrogations et des réactions.

« C’est avec gravité et indignation que le Bureau exécutif national du Syndicat national de la santé, de l’action sociale et de la promotion de la famille (SNS/ASPF) a appris la mise sous mandat de dépôt du Camarade Hamadoun Bah, Secrétaire général du SYNABEF et 1er secrétaire général adjoint du Bureau exécutif de l’UNTM. », avait déclaré ce syndicat du secteur de la santé.

Cette arrestation découle, dénonçait le BEN SNS-ASPF, de « la gestion d’un contentieux survenu à la BDM-SA (Banque de développement du Mali, lors des renouvellements des comités syndicaux relevant du SYNABEF. Un problème purement syndical qui devrait avoir sa solution à travers les instances syndicales et non à la justice. En violation de toutes les conventions qui garantissent la liberté syndicale si chère au SNS- ASPF. Le BEN SAS ASPM salue la promptitude de la réaction du Bureau exécutif de l’UNTM et de son secrétaire général qui aussitôt informé, s’est entretenu avec les plus hautes autorités du pays ; en l’occurrence le président de la Transition, chef de l’Etat. » Et les syndicalistes de la santé d’assurer que la réunion extraordinaire du Bureau exécutif de l’UNTM, qui s’en est suivi, est « un gage de l’engagement des responsables de l’UNTM à défendre la liberté syndicale dans le cadre d’un climat apaisé pour la stabilité du pays ».

Et le BEN/SAS-ASP d’apporter son soutien indéfectible au camarade « injustement incarcéré », avant « d’inviter le gouvernement du Mali au respect strict des conventions internationales garantissant la liberté syndicale et ratifiées en toute responsabilité par l’Etat souverain du Mali ».

Au-delà de ce fâcheux épisode de poursuite judiciaire contre un leader syndical, l’on se pose des questions sur ce que vient chercher la justice dans un litige entre organisations syndicales. Le syndicalisme n’est-il pas le siège par excellence d’une justice des pairs ? Les travailleurs d’une même corporation ne devraient-ils pas régler leur différends devant des équivalents des juridictions prud’hommales comme les inspections du travail ? Rien n’est moins sûr.

Dans tous les cas, il urge que les acteurs sociaux travaillent en toute indépendance pour préserver le bon fonctionnement de l’Etat de droit. Ils doivent surtout éviter de s’inscrire dans des mécanismes de vengeance et éviter des…interférences fonctionnelles.

Boubou SIDIBE/maliweb.net


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