Salikou Sanogo lance officiellement son nouveau parti, ERD


Chassé il y a des mois de la tête du parti, Salikou Sanogo marque son retour sur la scène politique. Il a réuni ses fidèles samedi dernier.

 

Salikou Sanogo est de retour sur l’échiquier politique malien. Il a lancé officiellement samedi dernier sa formation politique Espoir pour la République et la Démocratie (ERD), bien décidé à dire son mot après le sévère échec de son éviction de la présidence par intérim de l’Union pour la république et la démocratie (URD) suite au décès le 25 décembre 2020 de son leader Soumaïla Cissé.

 

La plupart des partis comptent désormais peu de militants. Les militants des partis sont souvent, du reste, des élus et leur engagement ne semble donc pas désintéressé. La figure du militant engagé et altruiste s’est donc plutôt transférée dans le milieu associatif ou syndical. L’adhésion de Boubou Cissé, dernier premier ministre du président Ibrahim Boubacar Keïta renversé, au parti de la poignée de mains et son éventuelle candidature à la prochaine élection présidentielle a alimenté des controverses soldées par la convocation d’un congrès extraordinaire à la demande de deux tiers des membres du directoire. Sa farouche opposition et la pluie de sanctions disciplinaires prises à l’encontre de ses contradicteurs ont fini par l’emporter. Son sort a été scellé par la justice qui a validé le bureau de son adversaire Gouagnon Coulibaly. 

Et Boubou Cissé ?

On ignore pour l’instant les références idéologiques du nouveau venu dans l’échiquier politique malien. Ce qui ne signifie pas forcément qu’il pourrait s’ériger en parti fourre-tout. Sorti droit des entrailles de la très libérale URD, va-t-il chausser ses bottes en la matière ? Fortement probable, d’autant plus qu’un homme peut difficilement, passer sans coup férir, de la droite à la gauche. Et quelle attitude réservée à Boubou Cissé ? La proximité des deux hommes va –t-elle peser sur le choix de l’ERD au moment de désigner un candidat à la présidentielle ? Poursuivi par la justice malienne, l’ancien Premier ministre vit en exil, mais n’a pas renoncé à un avenir politique.

 

Les jeunes de l’URD appuyés par d’anciens caciques ne voulaient pas lui tendre la main, au motif que ses doigts sont tachés de sang des manifestants hostiles au régime d’alors et ceux qui l’ont fait auraient mangé dans la main. Des accusations difficiles à vérifier.

Quoique qu’on en dise, la présence de la veuve de Soumaïla Cissé a tout l’air d’une marque de courtoisie voire une caution morale qui vaut son pesant d’or. Mais faudrait-il en déduire qu’elle a pris ses distances avec l’URD ? Un pas qu’il faut se garder de franchir pour l’instant ! Le temps est le meilleur guide.

Né d’un schisme avec l’Alliance démocratique du Mali (Adéma), l’URD n’est pas parvenue à faire l’économie d’une division même du vivant de son leader charismatique. L’ancien ministre Oumar Ibrahim Touré, un des pères- fondateurs, délibérément écarté des activités alors qu’il a injustement été éclaboussé dans une affaire de détournement des fonds alloués au Mali par le Fonds mondial, a mis sur les fonts baptismaux l’Alliance pour la république (APR).

Georges François Traoré


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