Retour sur l’année 2022 : les femmes maliennes porteuses de solutions face au changement climatique

Retour sur l’année 2022 : les femmes maliennes porteuses de solutions face au changement climatique

aujourd’hui deviennent désertes et les zones deviennent invivables ».

Autonomiser les femmes, clé du développement

L’autonomisation des femmes est une clé du développement, explique Bintou Founé Samaké, car elles représentent plus de 50% de la population.

« Un développement ne peut se faire sans les 50% », insiste-t-elle. « De plus, comme 80% des personnes vivent des ressources de l’agriculture, les femmes constituent un pilier dans cette activité. En leur donnant les moyens, la technicité et les connaissances, nous les amenons à pouvoir participer de façon très significative au développement de notre pays ».

Pour Mariam Touré Keita, il faut démultiplier les formations pour que les gens comprennent de plus en plus l’enjeu du lien entre le genre, la sécurité et les changements climatiques. Il faut voir le changement climatique non pas comme un défi mais comme une opportunité.

Il est donc important d’accroître la résilience des femmes dans le futur. « Parce que le changement climatique, on ne sait pas encore comment on pourra renverser la tendance. Du coup, puisque cela n’est pas possible dans l’immédiat, il vaut mieux préparer ces jeunes personnes, ces jeunes femmes et ces jeunes filles à faire face aux effets disproportionnés du changement climatique qui impactent beaucoup la vie et la sécurité des femmes et de leur famille », explique-t-elle.

ONU Info · Au Mali, les femmes sont porteuses de solutions face au changement climatique

Développer des projets résilients aux changements climatiques est crucial, insistent les deux activistes : « Si nous voulons autonomiser les femmes, l’amélioration de nos écosystèmes est primordiale pour que les femmes puissent avoir des espaces de vie avec leurs enfants ».

De plus, les femmes doivent être impliquées dans toutes les politiques de planification aux changements climatiques parce que « les catastrophes impactent différemment les hommes et les femmes », rappelle Bintou Founé Samaké. En cas de catastrophes, « les femmes sont souvent accompagnées de leurs enfants. Et une femme qui a des enfants n’a pas les mêmes besoins qu’un homme qui est seul, qui n’a pas d’enfants ».

« Si on ne prend pas en compte leurs besoins, on ne résout pas totalement le problème. C’est pourquoi nous devons les inclure, qu’elles expriment elles-mêmes leurs besoins et qu’elles sachent les enjeux qui sont attachés à la prise en compte de ces besoins », ajoute-t-elle.

Pas un effet de mode

Pour Mariam Touré Keita, la lutte contre le changement climatique ne doit pas être un effet de mode et doit être incluse dans toutes les résolutions de conflits.

« Nous sommes sûrs que les effets du changement climatique sont très importants sur la sécurité des hommes et des femmes », dit-elle. Elle demande que plus de ressources soient accordées à des projets qui vont lutter contre les effets disproportionnés du changement climatique. Elle demande que plus d’importance soit accordée à l’autonomisation des femmes et que les projets visant à l’autonomisation des femmes soient des projets structurants en accord avec la lutte contre les effets du changement climatique.

« Etant membre du DCAF, je voudrais qu’on mette la question des effets du changement climatique dans toutes les réformes du secteur de la sécurité et ainsi sortir de la sécurité classique des États pour aller vers la sécurité humaine », insiste-t-elle.

« Nous avons vu que les changements climatiques impactent la sécurité humaine, sur sept dimensions : personnelle, politique, communautaire, économique, environnementale, alimentaire et sanitaire. Toutes les dimensions de la sécurité humaine sont aujourd’hui impactées par les effets du changement climatique. Donc il va de soi que dans la réforme du secteur de la sécurité, on inclut cette question et qu’on y accorde beaucoup plus de ressources », conclut-elle.

Les femmes doivent être plus entendues

Pour Bintou Keita Samaké, la voix des femmes doit être amplifiée. Mais les décideurs doivent aussi avoir une oreille attentive.

« J’invite les décideurs à nous écouter, à nous comprendre dans nos difficultés et à apporter des solutions par rapport à cette question, qui est aujourd’hui une question réelle de sécurité », insiste-t-elle, appelant le Conseil de sécurité à examiner avec la plus grande attention cette question de l’impact du changement climatique sur les questions de sécurité dans son pays, le Mali.

Source:

https://minusma.unmissions.org/retour-sur-l%E2%80%99ann%C3%A9e-2022-les-femmes-m…


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