Mali : la médiation internationale insiste « sur la nécessité de la reprise rapide des travaux du Comité de suivi de l’Accord »


A l’invitation de l’Algérie, cheffe de file de la médiation internationale, la médiation internationale a tenu, le 14 décembre 2022, une réunion par visioconférence sur la crise malienne. Une rencontre qui entre dans le cadre du suivi de la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger.
Les membres de la médiation internationale ont déploré la suspension des travaux de la 47e session du Comité de suivi de l’Accord (CSA) débutée le 29 novembre 2022. C’est ce qui ressort de la réunion des membres de la médiation internationale tenue le jeudi 14 décembre par visioconférence.

Sans avancées les raisons de cette suspension, ils estiment que cela « va à contre-sens de l’élan positif enregistré ces derniers mois notamment l’opérationnalisation de la Commission ad hoc en vue de parachever les discussions sur la chaîne de commandement et l’intégration des hauts cadres des Mouvements en vue du lancement du DDR global dans les meilleurs délais ».

C’est dans ce cadre qu’ils ont insisté sur la nécessité de la reprise rapide des travaux du CSA qui constitue à leurs yeux un cadre idoine permettant de procéder aux évaluations requises et de convenir des actions concrètes à entreprendre pour faire avancer la mise en œuvre de l’accord. La Médiation internationale réaffirme par la même occasion sa détermination à poursuivre vigoureusement ses efforts.

En vue de maintenir un climat de confiance, la médiation internationale a invité les parties maliennes à s’abstenir de toute déclaration qui risque d’envenimer la situation déjà très explosive. Cet engagement est d’autant plus nécessaire que la situation sécuritaire qui prévaut dans certaines localités du pays reste extrêmement fragile et le contexte politique interne demeure marqué par la conduite de plusieurs processus décisifs comme l’élaboration d’une nouvelle constitution, etc.

Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par l’agacement de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA), une des parties signataires, qui dans un communiqué a déploré le blocage dans la mise en œuvre de l’Accord et avait sollicité la tenue d’une réunion de la médiation internationale dans un pays neutre. Une sortie médiatique qui fait suite à la suspension des travaux de la 47e session du CSA.

Pour terminer, les membres de la médiation internationale ont réitéré leur soutien au Mali et rappellent qu’ils se tiennent aux côtés des parties signataires de l’Accord pour favoriser sa mise en œuvre diligente. A cet égard, elle a encouragé l’Algérie, en sa double qualité de Présidente du CSA et de Cheffe de file de la Médiation internationale, à prendre les initiatives nécessaires pour aider à répondre aux attentes légitimes du peuple malien de voir l’Accord produire des résultats probants.

Il faut rappeler que l’Accord d’Alger a été signé en mai-juin 2015 entre le gouvernement malien et les groupes armés notamment la CMA et la plateforme. Depuis, les parties s’accusent mutuellement du blocage dans sa mise en œuvre.

Abdrahamane SISSOKO/maliweb.net


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