L’année 2023 a été marquée par de nombreux événements importants dans la vie de la nation malienne. Au commencement de l’année, la pression était grande sur les autorités qui devraient trouver la meilleure façon de faire comprendre aux citoyens le report de la présidentielle censée se tenir en fin février 2024. Les dates initialement retenues du 4 et du 18 février 2024 pour les deux tours « connaîtront un léger report pour des raisons techniques », selon le porte-parole du gouvernement, ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, le col Abdoulaye Maïga. Très rapidement, la révision de la charte de la transition a donné la base juridique du report de la présidentielle, entérinant la prolongation de la transition. Ainsi, le début de l’année a été un coup dur pour les partis politiques qui cherchaient à reconquérir le pouvoir. Mais aussi et surtout une année d’épreuves pour les citoyens avec la cherté de la vie et l’instabilité dans la fourniture d’électricité. Toute chose qui a plombé l’économie nationale. Au plan politique, toute l’année sera consacrée à des réformes qui ne font que renforcer la mainmise des autorités sur le cours de l’agenda électoral. L’élaboration du projet de constitution a été un des points importants du processus. Il aura fallu la création de deux commissions de l’écriture de la nouvelle Constitution qui a soulevé des débats contradictoires autour des questions comme la laïcité et le statut des langues nationales. Au bout des échanges, l’avant-projet de Constitution a écarté le rejet de la laïcité dans la loi fondamentale qui sera adopté à l’issue du référendum du 8 juin 2023. Le oui l’emporte avec 96,91% %. Dans la soirée du vendredi 23 juin, Moustapha Cissé, le président de l’Autorité indépendante de gestion des élections (Aige) a proclamé les résultats provisoires du référendum constitutionnel. Cela sur fond de contestation de certains partis politiques et de la société civile. Ce score, digne de la Corée du Nord, révèle l’ampleur des fraudes qui ont eu lieu selon certains responsables politiques. Depuis le jour du vote, certaines organisations politiques et certaines personnes de la société civile ont dénoncé des irrégularités lors de ce scrutin, le tout premier organisé par le pouvoir militaire, arrivée au pouvoir par deux coups d’Etat en août 2020 et en mai 2021. La Cour constitutionnelle a proclamé les résultats définitifs le 21 juillet 2021 avant la promulgation par le président de la transition, le colonel Assimi Goïta, le samedi 22 juillet ouvrant ainsi la voie à la naissance de la 4ème République du Mali. Par contre, la nouvelle Constitution confère le statut de langues officielles aux langues nationales. De nombreux partis politiques et des groupes armés signataires de l’Accord d’Alger avaient combattu cette Constitution. Le front contre la Constitution n’ira pas plus loin que la création d’un mouvement appelé l’Appel du 20 février. Mais la formation de ce groupement impliquant des partis politiques et des personnalités de la société civile débouchera sur la dispersion des figures dont les magistrats Dramane Diarra et Mohamed Chérif Koné. Ces deux magistrats ont été radiés de la fonction publique après des mises en garde répétées de la part de la hiérarchie. L’année 2023 a aussi été marquée par l’arrestation des personnalités poursuivies pour corruption. Le très puissant président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali, Youssouf Bathily, a été mis aux arrêts pour avoir dilapidé un fonds public destiné à la lutte contre le coronavirus. Autres arrestations : celles de l’ancien ministre de la Sécurité et de la Protection civile sous IBK, le général Salif Traoré, de Arouna Modibo Touré, ancien ministre de la Communication ; de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Issaka Sidibé, de Mamadou Diarrassouba l’ancien questeur de l’Assemblée nationale (2013-2018), cadre influent du Rassemblement pour le Mali (RPM), le parti de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita. En plus, il faut ajouter l’ancien DAF de l’institution parlementaire. Aussi le président de la Fédération nationale de football du Mali, Mamoutou Touré dit Bavieux broie du noir comme l’ancien maire du district de Bamako, Adama Sangaré. L’année qui vient de s’achever a été une année d’épreuves pour les activistes et cyber activistes. Le chroniqueur Ras Bath, qui s’invitait à tous les râteliers des détracteurs du pouvoir, a été mis aux arrêts. Il est poursuivi pour atteinte au crédit de l’Etat tout comme sa camarade Rokia dite Rose Poivron. Les célèbres activistes Adama Ben Diarra et Sidiki Kouyaté du mouvement Yèrèwolo ont également été envoyés en prison pour atteinte au crédit de l’Etat par le juge du Pôle consacré à la cybercriminalité. Le leader du mouvement pro-junte Yerewolo a été condamné à deux ans de prison, dont un ferme. Il s’est dressé contre la prolongation de la transition. Même les prêcheurs ont eu leur dose de correction de la part du même juge avec l’arrestation de Chouala Bayaya Haïdara en décembre dernier. Sur le plan diplomatique, les autorités de la transition ont su doubler la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest(Cedeao). L’organisation menaçait de prendre des sanctions contre le gouvernement si la présidentielle était reportée, mais elle a été écartée du processus de transition. Son émissaire, l’ancien président du Nigeria, Goodluck Jonathan, a fini par ne plus fouler le sol malien. L’événement diplomatique de l’année passée a été marqué par l’adoption de la Résolution 2690 par le Conseil de sécurité à sa 9365ème séance, le 30 juin 2023 consacrant le départ de la Minusma sur demande de Bamako. Cette force de maintien de la paix des Nations Unies avait irrité les Maliens par des rapports décriés. On se souvient de la façon dont un rapport sur de présumés crimes de viols avait utilisé des données géodésiques fausses. Le tollé qui a suivi la publication du rapport a fini de convaincre les autorités qui hésitaient de suivre la demande de Yèrèwolo. Entre mars et juin, ce mouvement avait multiplié les sorties contre la présence de la Minusma, en demandant le non-renouvellement du mandat des casques bleus. Ce processus de retrait de la mission onusienne qui devrait commencer par la rétrocession des camps de la Minusma aux autorités politiques du Mali a été marqué par la reprise des hostilités entre l’armée malienne et les terroristes du Cadre stratégique permanent pour la paix, la sécurité et le développement (CSP-PSD), regroupant les principaux groupes armés maliens du nord du pays, qui occupaient la ville depuis 2012. Enfin, le clou de l’année a été la reprise de la ville de Kidal par les forces armées maliennes qui se sont déployées dans les camps de la Minusma. Les séparatistes ont ainsi déclenché les hostilités à travers des attaques dont celle qui a visé le bateau Tombouctou le 7 septembre 2023. Un drame qui a fait 64 morts selon des sources indépendantes. Un bilan provisoire de 49 civils et 15 militaires tués”, selon un communiqué du gouvernement qui ne précise pas combien de personnes sont mortes sur le navire et dans le camp. Mais la montée de l’armée malienne a conduit à la fuite de ces groupes armés indépendantistes associés aux terroristes. Le dernier développement de cette reprise des camps du nord est la crise diplomatique entre le Mali et l’Algérie qui voulait relancer le dialogue sur l’accord d’Alger en invitant des personnalités hostiles à la transition à Alger en décembre passé. On connait la suite : le Mali convoque l’ambassadeur d’Algérie à Bamako pour protester contre cette tentative de remettre en selle les séparatistes. Alger riposte et convoque l’ambassadeur du Mali à Alger, avant de rappeler son ambassadeur. Ayant décidé de cheminer main dans la main, le Mali, le Burkina et le Niger ont signé l’acte de naissance de l’Alliance des Etats du Sahel (AES). La Charte dite du Liptago-Gourma qui consacre cette création a été rendue publique le samedi 16 septembre 2023. Le 14 novembre 2023 à Bamako. L’Etat-major malien affirme que les FAMa ont pris possession du camp de Kidal, bastion de la rébellion dominante touarègue. En plus des faits marquants sur les plans politique, sécuritaire et diplomatique, l’année 2023 a été une année d’épreuves pour le peuple malien dans sa diversité. Une situation économique mal en point a été accentuée par le manque de vision des autorités à assurer l’approvisionnement correcte du marché en produits de grande consommation comme le sucre, le riz, le lait etc. Comme si cela ne suffisait pas, la coupure d’électricité est entrée dans la danse. En somme, on peut dire que l’année 2023 a été une année de preuves et d’épreuves pour le Mali et les Maliens. Nouhoum DICKO

L’année 2023 a été marquée par de nombreux événements importants dans la vie de la nation malienne. Au commencement de l’année, la pression était grande sur les autorités qui devraient trouver la meilleure façon de faire comprendre aux citoyens le report de la présidentielle censée se tenir en fin février 2024. Les dates initialement retenues du 4 et du 18 février 2024 pour les deux tours « connaîtront un léger report pour des raisons techniques », selon le porte-parole du gouvernement, ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, le col Abdoulaye Maïga. Très rapidement, la révision de la charte de la transition a donné la base juridique du report de la présidentielle, entérinant la prolongation de la transition. Ainsi, le début de l’année a été un coup dur pour les partis politiques qui cherchaient à reconquérir le pouvoir. Mais aussi et surtout une année d’épreuves pour les citoyens avec la cherté de la vie et l’instabilité dans la fourniture d’électricité. Toute chose qui a plombé l’économie nationale.  Au plan politique, toute l’année sera consacrée à des réformes qui ne font que renforcer la mainmise des autorités sur le cours de l’agenda électoral. L’élaboration du projet de constitution a été un des points importants du processus. Il aura fallu la création de deux commissions de l’écriture de la nouvelle Constitution qui a soulevé des débats contradictoires autour des questions comme la laïcité et le statut des langues nationales.  Au bout des échanges, l’avant-projet de Constitution a écarté le rejet de la laïcité dans la loi fondamentale qui sera adopté à l’issue du référendum du 8 juin 2023. Le oui l’emporte avec 96,91% %. Dans la soirée du vendredi 23 juin, Moustapha Cissé, le président de l’Autorité indépendante de gestion des élections (Aige) a proclamé les résultats provisoires du référendum constitutionnel. Cela sur fond de contestation de certains partis politiques et de la société civile.  Ce score, digne de la Corée du Nord, révèle l’ampleur des fraudes qui ont eu lieu selon certains responsables politiques. Depuis le jour du vote, certaines organisations politiques et certaines personnes de la société civile ont dénoncé des irrégularités lors de ce scrutin, le tout premier organisé par le pouvoir militaire, arrivée au pouvoir par deux coups d’Etat en août 2020 et en mai 2021.  La Cour constitutionnelle a proclamé les résultats définitifs le 21 juillet 2021 avant la  promulgation par le président de la transition, le colonel Assimi Goïta, le samedi 22 juillet ouvrant ainsi la voie à la naissance de la 4ème République du Mali.  Par contre, la nouvelle Constitution confère le statut de langues officielles aux langues nationales. De nombreux partis politiques et des groupes armés signataires de l’Accord d’Alger avaient combattu cette Constitution. Le front contre la Constitution n’ira pas plus loin que la création d’un mouvement appelé l’Appel du 20 février. Mais la formation de ce groupement impliquant des partis politiques et des personnalités de la société civile débouchera sur la dispersion des figures dont les magistrats Dramane Diarra et Mohamed Chérif Koné.  Ces deux magistrats ont été radiés de la fonction publique après des mises en garde répétées de la part de la hiérarchie. L’année 2023 a aussi été marquée par l’arrestation des personnalités poursuivies pour corruption. Le très puissant président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali, Youssouf Bathily, a été mis aux arrêts pour avoir dilapidé un fonds public destiné à la lutte contre le coronavirus. Autres arrestations : celles de l’ancien ministre de la Sécurité et de la Protection civile sous IBK, le général Salif Traoré, de Arouna Modibo Touré, ancien ministre de la Communication ; de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Issaka Sidibé, de Mamadou Diarrassouba l’ancien questeur de l’Assemblée nationale (2013-2018), cadre influent du Rassemblement pour le Mali (RPM), le parti de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita. En plus, il faut ajouter l’ancien DAF de l’institution parlementaire. Aussi le président de la Fédération nationale de football du Mali, Mamoutou Touré dit Bavieux broie du noir comme l’ancien maire du district de Bamako, Adama Sangaré.  L’année qui vient de s’achever a été une année d’épreuves pour les activistes et cyber activistes. Le chroniqueur Ras Bath, qui s’invitait à tous les râteliers des détracteurs du pouvoir, a été mis aux arrêts. Il est poursuivi pour atteinte au crédit de l’Etat tout comme sa camarade Rokia dite Rose Poivron. Les célèbres activistes Adama Ben Diarra et Sidiki Kouyaté du mouvement Yèrèwolo ont également été envoyés en prison pour atteinte au crédit de l’Etat par le juge du Pôle consacré à la cybercriminalité.  Le leader du mouvement pro-junte Yerewolo a été condamné à deux ans de prison, dont un ferme. Il s’est dressé contre la prolongation de la transition. Même les prêcheurs ont eu leur dose de correction de la part du même juge avec l’arrestation de Chouala Bayaya Haïdara en décembre dernier.  Sur le plan diplomatique, les autorités de la transition ont su doubler la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest(Cedeao). L’organisation menaçait de prendre des sanctions contre le gouvernement si la présidentielle était reportée, mais elle a été écartée du processus de transition. Son émissaire, l’ancien président du Nigeria, Goodluck Jonathan, a fini par ne plus fouler le sol malien.  L’événement diplomatique de l’année passée a été marqué par l’adoption de la Résolution 2690 par le Conseil de sécurité à sa 9365ème séance, le 30 juin 2023 consacrant le départ de la Minusma sur demande de Bamako. Cette force de maintien de la paix des Nations Unies avait irrité les Maliens par des rapports décriés.  On se souvient de la façon dont un rapport sur de présumés crimes de viols avait utilisé des données géodésiques fausses. Le tollé qui a suivi la publication du rapport a fini de convaincre les autorités qui hésitaient de suivre la demande de Yèrèwolo.  Entre mars et juin, ce mouvement avait multiplié les sorties contre la présence de la Minusma, en demandant le non-renouvellement du mandat des casques bleus. Ce processus de retrait de la mission onusienne qui devrait commencer par la rétrocession des camps de la Minusma aux autorités politiques du Mali a été marqué par la reprise des hostilités entre l’armée malienne et les terroristes du Cadre stratégique permanent pour la paix, la sécurité et le développement (CSP-PSD), regroupant les principaux groupes armés maliens du nord du pays, qui occupaient la ville depuis 2012.  Enfin, le clou de l’année a été la reprise de la ville de Kidal par les forces armées maliennes qui se sont déployées dans les camps de la Minusma. Les séparatistes ont ainsi déclenché les hostilités à travers des attaques dont celle qui a visé le bateau Tombouctou le 7 septembre 2023. Un drame qui a fait 64 morts selon des sources indépendantes. Un bilan provisoire de 49 civils et 15 militaires tués”, selon un communiqué du gouvernement qui ne précise pas combien de personnes sont mortes sur le navire et dans le camp.  Mais la montée de l’armée malienne a conduit à la fuite de ces groupes armés indépendantistes associés aux terroristes. Le dernier développement de cette reprise des camps du nord est la crise diplomatique entre le Mali et l’Algérie qui voulait relancer le dialogue sur l’accord d’Alger en invitant des personnalités hostiles à la transition à Alger en décembre passé.  On connait la suite : le Mali convoque l’ambassadeur d’Algérie à Bamako pour protester contre cette tentative de remettre en selle les séparatistes. Alger riposte et convoque l’ambassadeur du Mali à Alger, avant de rappeler son ambassadeur.  Ayant décidé de cheminer main dans la main, le Mali, le Burkina et le Niger ont signé l’acte de naissance de l’Alliance des Etats du Sahel (AES). La Charte dite du Liptago-Gourma qui consacre cette création a été rendue publique le samedi 16 septembre 2023. Le 14 novembre 2023 à Bamako. L’Etat-major malien affirme que les FAMa ont pris possession du camp de Kidal, bastion de la rébellion dominante touarègue.  En plus des faits marquants sur les plans politique, sécuritaire et diplomatique, l’année 2023 a été une année d’épreuves pour le peuple malien dans sa diversité. Une situation économique mal en point a été accentuée par le manque de vision des autorités à assurer l’approvisionnement correcte du marché en produits de grande consommation comme le sucre, le riz, le lait etc. Comme si cela ne suffisait pas, la coupure d’électricité est entrée dans la danse.  En somme, on peut dire que l’année 2023 a été une année de preuves et d’épreuves pour le Mali et les Maliens.  Nouhoum DICKO

L’année 2023 a été marquée par de nombreux événements importants dans la vie de la nation malienne. Au commencement de l’année, la pression était grande sur les autorités qui devraient trouver la meilleure façon de faire comprendre aux citoyens le report de la présidentielle censée se tenir en fin février 2024. Les dates initialement retenues du 4 et du 18 février 2024 pour les deux tours « connaîtront un léger report pour des raisons techniques », selon le porte-parole du gouvernement, ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, le col Abdoulaye Maïga. Très rapidement, la révision de la charte de la transition a donné la base juridique du report de la présidentielle, entérinant la prolongation de la transition. Ainsi, le début de l’année a été un coup dur pour les partis politiques qui cherchaient à reconquérir le pouvoir. Mais aussi et surtout une année d’épreuves pour les citoyens avec la cherté de la vie et l’instabilité dans la fourniture d’électricité. Toute chose qui a plombé l’économie nationale.

Au plan politique, toute l’année sera consacrée à des réformes qui ne font que renforcer la mainmise des autorités sur le cours de l’agenda électoral. L’élaboration du projet de constitution a été un des points importants du processus. Il aura fallu la création de deux commissions de l’écriture de la nouvelle Constitution qui a soulevé des débats contradictoires autour des questions comme la laïcité et le statut des langues nationales.

Au bout des échanges, l’avant-projet de Constitution a écarté le rejet de la laïcité dans la loi fondamentale qui sera adopté à l’issue du référendum du 8 juin 2023. Le oui l’emporte avec 96,91% %. Dans la soirée du vendredi 23 juin, Moustapha Cissé, le président de l’Autorité indépendante de gestion des élections (Aige) a proclamé les résultats provisoires du référendum constitutionnel. Cela sur fond de contestation de certains partis politiques et de la société civile.

Ce score, digne de la Corée du Nord, révèle l’ampleur des fraudes qui ont eu lieu selon certains responsables politiques. Depuis le jour du vote, certaines organisations politiques et certaines personnes de la société civile ont dénoncé des irrégularités lors de ce scrutin, le tout premier organisé par le pouvoir militaire, arrivée au pouvoir par deux coups d’Etat en août 2020 et en mai 2021.

La Cour constitutionnelle a proclamé les résultats définitifs le 21 juillet 2021 avant la  promulgation par le président de la transition, le colonel Assimi Goïta, le samedi 22 juillet ouvrant ainsi la voie à la naissance de la 4ème République du Mali.

Par contre, la nouvelle Constitution confère le statut de langues officielles aux langues nationales. De nombreux partis politiques et des groupes armés signataires de l’Accord d’Alger avaient combattu cette Constitution. Le front contre la Constitution n’ira pas plus loin que la création d’un mouvement appelé l’Appel du 20 février. Mais la formation de ce groupement impliquant des partis politiques et des personnalités de la société civile débouchera sur la dispersion des figures dont les magistrats Dramane Diarra et Mohamed Chérif Koné.

Ces deux magistrats ont été radiés de la fonction publique après des mises en garde répétées de la part de la hiérarchie. L’année 2023 a aussi été marquée par l’arrestation des personnalités poursuivies pour corruption. Le très puissant président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali, Youssouf Bathily, a été mis aux arrêts pour avoir dilapidé un fonds public destiné à la lutte contre le coronavirus. Autres arrestations : celles de l’ancien ministre de la Sécurité et de la Protection civile sous IBK, le général Salif Traoré, de Arouna Modibo Touré, ancien ministre de la Communication ; de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Issaka Sidibé, de Mamadou Diarrassouba l’ancien questeur de l’Assemblée nationale (2013-2018), cadre influent du Rassemblement pour le Mali (RPM), le parti de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita. En plus, il faut ajouter l’ancien DAF de l’institution parlementaire. Aussi le président de la Fédération nationale de football du Mali, Mamoutou Touré dit Bavieux broie du noir comme l’ancien maire du district de Bamako, Adama Sangaré.

L’année qui vient de s’achever a été une année d’épreuves pour les activistes et cyber activistes. Le chroniqueur Ras Bath, qui s’invitait à tous les râteliers des détracteurs du pouvoir, a été mis aux arrêts. Il est poursuivi pour atteinte au crédit de l’Etat tout comme sa camarade Rokia dite Rose Poivron. Les célèbres activistes Adama Ben Diarra et Sidiki Kouyaté du mouvement Yèrèwolo ont également été envoyés en prison pour atteinte au crédit de l’Etat par le juge du Pôle consacré à la cybercriminalité.  Le leader du mouvement pro-junte Yerewolo a été condamné à deux ans de prison, dont un ferme. Il s’est dressé contre la prolongation de la transition. Même les prêcheurs ont eu leur dose de correction de la part du même juge avec l’arrestation de Chouala Bayaya Haïdara en décembre dernier.

Sur le plan diplomatique, les autorités de la transition ont su doubler la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest(Cedeao). L’organisation menaçait de prendre des sanctions contre le gouvernement si la présidentielle était reportée, mais elle a été écartée du processus de transition. Son émissaire, l’ancien président du Nigeria, Goodluck Jonathan, a fini par ne plus fouler le sol malien.

L’événement diplomatique de l’année passée a été marqué par l’adoption de la Résolution 2690 par le Conseil de sécurité à sa 9365ème séance, le 30 juin 2023 consacrant le départ de la Minusma sur demande de Bamako. Cette force de maintien de la paix des Nations Unies avait irrité les Maliens par des rapports décriés.

On se souvient de la façon dont un rapport sur de présumés crimes de viols avait utilisé des données géodésiques fausses. Le tollé qui a suivi la publication du rapport a fini de convaincre les autorités qui hésitaient de suivre la demande de Yèrèwolo.

Entre mars et juin, ce mouvement avait multiplié les sorties contre la présence de la Minusma, en demandant le non-renouvellement du mandat des casques bleus. Ce processus de retrait de la mission onusienne qui devrait commencer par la rétrocession des camps de la Minusma aux autorités politiques du Mali a été marqué par la reprise des hostilités entre l’armée malienne et les terroristes du Cadre stratégique permanent pour la paix, la sécurité et le développement (CSP-PSD), regroupant les principaux groupes armés maliens du nord du pays, qui occupaient la ville depuis 2012.

Enfin, le clou de l’année a été la reprise de la ville de Kidal par les forces armées maliennes qui se sont déployées dans les camps de la Minusma. Les séparatistes ont ainsi déclenché les hostilités à travers des attaques dont celle qui a visé le bateau Tombouctou le 7 septembre 2023. Un drame qui a fait 64 morts selon des sources indépendantes. Un bilan provisoire de 49 civils et 15 militaires tués”, selon un communiqué du gouvernement qui ne précise pas combien de personnes sont mortes sur le navire et dans le camp.

Mais la montée de l’armée malienne a conduit à la fuite de ces groupes armés indépendantistes associés aux terroristes. Le dernier développement de cette reprise des camps du nord est la crise diplomatique entre le Mali et l’Algérie qui voulait relancer le dialogue sur l’accord d’Alger en invitant des personnalités hostiles à la transition à Alger en décembre passé.

On connait la suite : le Mali convoque l’ambassadeur d’Algérie à Bamako pour protester contre cette tentative de remettre en selle les séparatistes. Alger riposte et convoque l’ambassadeur du Mali à Alger, avant de rappeler son ambassadeur.

Ayant décidé de cheminer main dans la main, le Mali, le Burkina et le Niger ont signé l’acte de naissance de l’Alliance des Etats du Sahel (AES). La Charte dite du Liptago-Gourma qui consacre cette création a été rendue publique le samedi 16 septembre 2023. Le 14 novembre 2023 à Bamako. L’Etat-major malien affirme que les FAMa ont pris possession du camp de Kidal, bastion de la rébellion dominante touarègue.

En plus des faits marquants sur les plans politique, sécuritaire et diplomatique, l’année 2023 a été une année d’épreuves pour le peuple malien dans sa diversité. Une situation économique mal en point a été accentuée par le manque de vision des autorités à assurer l’approvisionnement correcte du marché en produits de grande consommation comme le sucre, le riz, le lait etc. Comme si cela ne suffisait pas, la coupure d’électricité est entrée dans la danse.

En somme, on peut dire que l’année 2023 a été une année de preuves et d’épreuves pour le Mali et les Maliens.

Nouhoum DICKO

Source: maliweb.net

 

 


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