France : « A Huis Clos », les violences policières vu par Kery James

France : « A Huis Clos », les violences policières vu par Kery James

Souleymane Traore, avocat, prend en otage un juge, Nicolas, l’accusant d’avoir influencé le jury dans l’acquittement d’un policier ayant abattu son frère Demba d’une balle dans le dos. C’est une action de « A Huis Clos », la pièce de théâtre de l’artiste et cinéaste Kery James. Une satire des violences policières et de la justice sociale en France.

La pièce est une dénonciation des contrôles au faciès, des « exercices de soumission », du postulat du « caractère systémique de la violence » policière. C’est aussi l’appréhension de la répétition de l’histoire.

« Aujourd’hui, il n’y a pas de volonté de résoudre le problème des violences policières. Pour changer les choses, il faut le vouloir. En Allemagne, par exemple, en dix ans, une seule personne est morte pour avoir résisté à la police. Pourquoi y en aura-t-il quinze en France rien qu’en 2022 ? », explique le cinéaste.

La mort de Nahel, l’adolescent de 17 ans tué par un policier lors d’un contrôle routier en juin dernier à Nanterre est intervenue après les émeutes de 2005 et autres. Signe de la persistance des violences policières. Mais Kery James reste optimiste.

« Si je n’avais pas l’espoir que les choses changent, je n’aurais pas écrit cette pièce. Nous essayons tous d’apporter notre pierre à l’édifice. Il se trouve que je suis un artiste et que ce que je peux faire, c’est raconter des histoires. Je le fais à travers les histoires que je choisis de raconter, sur scène, dans un film ou dans mes chansons », a déclaré le rappeur.

C’est à travers la musique en effet que le rappeur de 45 ans dénonce depuis vingt ans le « plafond de verre psychologique » pour les jeunes de la « banlieue », le passé colonial de la France ou défendant les « oubliés de la République ».

« Que la poésie du rap arrive sur une scène de théâtre de manière aussi présente et prenante, et qu’elle emporte avec elle toute une salle qui n’est pas forcément habituée au théâtre au départ, où ça chuchote un peu, où ça parle et à la fin tout le monde est saisi par la même ampleur et tout le monde se lève avec tellement d’émotion, applaudissant ce texte à la fin, qui est magnifique, et ce moment d’union entre ces deux personnages qui n’avaient rien à se mettre sous la dent…. C’est quand même décoiffant ! », a apprécié Ulysse Boulestin, professeur de théâtre.

De son vrai nom Alix Mathurin, Kery James, fils d’haïtiens qui a grandi en Guadeloupe puis à Orly, ne cesse d’opposer deux France. « Mais le but est toujours de construire des ponts et d’humaniser l’autre », souligne-t-il.

Africanews


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