Formation professionnelle : Quand les stages tournent au harcèlement sexuel…

Formation professionnelle : Quand les stages tournent au harcèlement sexuel…

Acquérir de l’expérience sur le terrain ; développer d’autres compétences ; s’adapter aux exigences du monde de l’entreprise ; gagner en confiance, en maturité ; renforcer ses aptitudes professionnelles…Tels sont, entre autres, objectifs visés par les écoles et facultés en envoyant les étudiants en stage dans les entreprises, dans les services administratifs… Malheureusement, de plus en plus, cela tourne à l’exploitation, au harcèlement sexuel… à la débauche. Faisant fi de leur responsabilité, des encadreurs n’hésitent plus à abuser de leur position pour détourner ces stages de leurs objectifs premiers. Nous avons rencontré des étudiants-stagiaires qui en ont fait l’amère expérience.

Ce jeudi 19 octobre 2023, nous avons pris notre vieille moto ‘’Djakarta’’ pour nous rendre à Nafadji. Sur place, nous avons trouvé un jeune garçon, Hamidou Cissé, adossé à un mur pour réviser ses leçons. Selon lui, il est étudiant  en journalisme dans une université privée de Bamako. Il achèvera la licence cette année. Le jeune homme nous affirme avoir effectué un stage très médiocre dans un organe de presse mal équipé de la place qui manque des principaux outils de travail. Et là, il s’est fait utiliser comme esclave par le responsable de l’organe dont il préfère ne pas révéler le nom.

«Le stage au Mali n’en vaut plus la peine. Essayons de nous contenter du peu que nous recevons pendant les cours. Je me suis fait utiliser par notre rédacteur en chef à maintes reprises. Je devais laver sa voiture, nettoyer les salles et même faire du thé pour eux. Je passais toute la journée à faire des petits travaux et des courses qui ne m’apportaient rien professionnellement alors que j’étais censé être en stage chez lui», a-t-il déploré.

Suite à cet entretien, nous avons pris la route pour Banconi où nous avons rencontré Awa Coulibaly, une jeune étudiante en train de puiser de l’eau au puits. Elle nous a reçus avec un sourire euphorique. Lorsque nous avons abordé la question du stage, elle nous a demandé de rectifier ; de mettre «lieu de dépravation des mœurs» en lieu et en place de stage. D’après elle, elle a toujours été la première de sa classe. Selon ses explications, elle a eu la chance d’aller dans une université privée pour se former en marketing grâce aux multiples efforts fournis par ses parents.

«Si je pouvais, certains services ne recevraient jamais de stagiaires, car on y apprend que des bêtises…», nous a-t-elle confié en conseillant à ses sœurs de ne pas trop s’accrocher à l’idée de bénéficier d’un honnête et digne stage pour mieux se former. «Là où j’ai effectué mon stage, il y a six hommes qui m’ont tous dragué à tour de rôle.  Ils n’ont pas cessé de me harceler», a-t-elle relaté.

Étudiant à la Faculté de droits privés (FDPRI) sur la «Colline du Savoir», Oumar Camara nous a confié sa mésaventure au téléphone. Il nous a ainsi révélé avoir effectué un stage dans un service dirigé par une dame de grande classe, très distinguée.  Cette dernière n’a pas pu résister au charme du jeune étudiant. Elle l’a contraint à lui donner son numéro dès le premier jour de son stage. Et il s’est passé beaucoup de choses entre eux, selon notre interlocuteur. «Cette dame faisait des appels vidéos avec moi pendant la nuit. Grâce à elle, je connais presque le nom de tous les restos chics de Bamako.  À vrai dire, ce stage ne m’a professionnellement servi à rien», a avoué Oumar Camara.

Ils sont nombreux les jeunes qui nous ont confié leur mésaventure ; des stages professionnels qui ont tourné au harcèlement sexuel… Des portes ont été fermées à ceux ou celles qui ont résisté aux avances de leurs encadreurs.

Source: maliweb.net


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