Changer de logique pour réinventer notre pays


Il est dommage de constater qu’en la veille de la célébration de la journée sacrée d’Eid al-Adha, notre peuple qui a beaucoup souffert, continue d’être traumatisé par des attentats cyniques perpétrés par des terroristes. Nous louons toujours le courage et le sacrifice de nos sœurs et frères au nord comme au centre du pays qui endurent, avec beaucoup de dignité et de philosophie, les épreuves de ces moments difficiles qui nous espérons ne sont qu’une parenthèse de notre histoire commune et de notre destin commun. Nous tenons à réaffirmer notre solidarité avec ces pauvres citoyens en quête de paix et de liberté, et réitérer notre soutien envers toutes les initiatives visant à mettre un terme aux occupations immorales et illégales de leurs communautés. Aussi, nous exprimons notre compassion et notre solidarité profonde aux familles des victimes.

Les populations désarmées de notre pays ne réclament que de meilleures conditions de vie. Nous demandons toujours à nos autorités de prendre des mesures exceptionnelles à la hauteur des menaces auxquelles fait face notre Nation et nous réitérons une fois de plus qu’il est essentiel que les populations s’impliquent dans la recherche de vraies solutions à la crise politique et la réunification de notre pays. Il est temps de se poser des questions telles que : Est-ce que nous vivons mieux aujourd’hui qu’il y a cinq ans, quinze ans, ou trente ans ? Mais encore, c’est n’est pas seulement à propos de la situation que nous vivons aujourd’hui ; mais mieux, qu’est-ce que nous allons faire pour atteindre un niveau de vie suffisant dans les cinq ans à venir.

Nous devons sortir de la crise. Nous devons consolider la paix et la sécurité et nous devons surtout faire naître un nouveau Mali plus prospère qui fera la fierté des générations futures. Pour cela, il faudrait d’abord changer nos façons de faire, changer notre logique. Nous devons voir plus loin, discerner les problèmes de demain pour construire l’avenir. Il faudrait adopter une démarche de concertations et de conversations avec toutes les forces vives de la nation pour restaurer la confiance des citoyens dans l’action publique. Il faudrait s’ancrer davantage dans la réalité et les besoins des communautés, et non des groupes d’intérêt. C’est après ces concertations et conversations que doit venir le moment des choix.

Mais encore, il est plus important de pouvoir traduire ces choix dans le réel. C’est un nouvel art de l’action politique – la démocratie dans l’harmonie. C’est ce qu’il faudra faire pour commencer à changer le Mali, qui en a vraiment besoin. Il faut sortir du cynisme. Il faut se donner l’espace de réfléchir, hors des nécessités du pouvoir et des discours actuels, pour réinventer notre pays. Que Dieu nous bénisse tous dans ces efforts.

Cheick Boucadry Traoré

 


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