ASSAINIR LA POLITIQUE POUR SUBLIMER L’ACTION

ASSAINIR LA POLITIQUE POUR SUBLIMER L’ACTION

Parmi les causes qui entravent le développement, nos propres turpitudes se montrent les plus pernicieuses. Nous sommes victimes de notre propre mentalité et de nos comportements, qui engendrent les maux qui rongent nos sociétés.

Pour remédier à cette mentalité nocive et abandonner ces comportements néfastes, il est impératif d’éliminer et d’abolir, par le biais de l’éducation et de la sensibilisation, toutes les pratiques et structures qui entravent le progrès. Les relations entre le peuple et les élus, entre les gouvernants et les gouvernés, entre les fonctionnaires et le public, ainsi que celles entre les leaders et les militants, doivent être remises en question.

Dans ces domaines, il est incontestable que notre mentalité agit comme une chambre noire, altérant la réalité.

Nous sommes convaincus que le peuple est au service des élus, que le public est au service des fonctionnaires, que les gouvernés sont au service des gouvernants, et enfin, que les militants sont au service des chefs politiques. Ces perceptions doivent être corrigées pour que la politique ait un sens et contribue au bien-être de la cité.

Nous réaliserons un progrès considérable lorsque le peuple – qui préexiste et survit à tout détenteur de pouvoir – comprendra que l’État ne se résume ni au président, ni au gouvernement, ni aux élus ; que la République appartient au public ; que la souveraineté lui revient, et que les représentants, agissant en son nom, doivent lui rendre des comptes.

Dans nos pays où des enfants meurent de faim, des femmes en couches et des hommes de maladies curables, il n’est pas absurde de faire le lien entre ces tragédies et les détournements de richesses qui appartiennent à tous.

Combien d’enfants, d’hommes et de femmes auraient pu être sauvés avec les richesses soustraites au patrimoine commun depuis l’indépendance jusqu’à aujourd’hui ?

Tant que la politique sera perçue comme un moyen rapide d’accéder à la richesse, de nombreux individus l’embrasseront. Tant qu’elle sera vue ainsi, de nombreuses vocations émergeront. Des individus de toutes sortes se presseront pour répondre à l’appel de l’argent.

On ne peut empêcher les aspirants politiques de se lancer dans l’arène politique, car tous ont le droit, dans le respect de la loi, de s’engager en politique. Cependant, il est possible de faire en sorte que la réalité qu’ils découvrent derrière les portes ne corresponde pas à leurs attentes. Au lieu de trouver des sinécures, ils devraient trouver un engagement envers le service public et le bien commun.

Si l’argent se fait rare, si les privilèges s’amenuisent et que les avantages disparaissent, ceux qui s’engagent en politique s’éloigneront naturellement. Ils abandonneront l’image dégradante de la politique et chercheront des horizons plus épanouissants.

Assainir la politique, c’est, entre autres, adopter des mesures énergiques pour nettoyer son environnement. Cela signifie également réduire les privilèges et avantages afin de rapprocher les élus du peuple et les gouvernants des gouvernés. Rien de mieux pour favoriser ce rapprochement que de faire vivre aux uns et aux autres les réalités quotidiennes avec équité.

Payer un loyer, des factures d’eau et d’électricité, acheter de l’essence pour se déplacer, assurer les frais de transport et de communication, acquitter des frais médicaux et de scolarité, payer des impôts et des taxes, acheter de la nourriture, faire appel à des services domestiques si nécessaire – voilà les réalités à partager.

En offrant gratuitement certains biens et services à certains élus et représentants, l’État les épargne des difficultés quotidiennes auxquelles la majorité est confrontée. Cependant, ces avantages font souvent oublier aux bénéficiaires les difficultés de ceux qu’ils représentent.

Je ne propose pas de dépouiller les élus de tous leurs avantages pour qu’ils puissent convenablement exercer leurs fonctions. Ce que je suggère, c’est de revoir l’octroi de ces biens et services pour que les bénéficiaires assument une partie des coûts. Ainsi, ils seront plus en phase avec les réalités vécues par le peuple.

Cela favorisera une symbiose entre le peuple et ses représentants : le peuple sera solidaire de ses dirigeants, et ces derniers œuvreront pour les intérêts du peuple, qui ne sont pas si différents des leurs.

En éliminant les impuretés et l’avidité qui la polluent, la politique retrouvera sa légèreté et sa vocation première : servir l’intérêt général et défendre les valeurs nobles qui lui sont attachées.

Bittard Binta : Ensemble pour un avenir radieux pour notre pays !


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